En octobre 2013, Raphaël Lucas s'installe à Paris. Il visite un centre d'accueil de jour pour les personnes exilées et y rencontre deux Afghans. S'ensuivent une enquête de 6 mois à leurs côtés pour comprendre le quotidien des exilés à Paris et un reportage photo aux côtés de Médecins du Monde et publié sur > Vantage.com

En octobre 2013, je viens de m'installer à Paris et entreprends d'explorer la ville pour y trouver un sujet sur lequel travailler à un documentaire.

J'ai l'opportunité de visiter un centre d'accueil de jour pour les personnes exilées. Un matin, j'y fais la connaissance de deux jeunes Afghans en exil, venus chercher un soin pour une blessure au pied. A cette époque j'avais un peu entendu parler des "migrants" afghans à Paris par une affaire de réseau de passeurs qui opérait dans le 10ème arrondissement, relayée dans les médias nationaux.

Notre rencontre est très chaleureuse, ils m'autorisent à les suivre et à les photographier. A la suite de cette matinée, je perds leur trace dans Paris et me mets en tête de les retrouver pour en savoir plus sur eux. J'enquête.

C'est le point de départ de ce travail. S'ensuivront de nombreuses rencontres et expériences, des prises de conscience. J'ai suivi au quotidien pendant 6 mois un groupe protéiforme et hétérogène de jeunes hommes afghans, exilés, vivant tous pour la plupart dans la rue aux abords de la Gare de l'Est. L'ennui et l'insécurité, l'attente d'un statut ou d'un nouveau départ, l'impossibilité de travailler, la pauvreté, l'incertitude face au futur et un sentiment puissant de déracinement sont omniprésents dans cet univers.

Pourtant, j'ai été frappé par la force morale et la capacité de résilience de certains d'entre eux, par leur beauté et leur dignité.

Avoir le courage de se reconstruire dans une culture aussi radicalement différente que peuvent l'être les cultures afghanes et françaises, après une odyssée de milliers de kilomètres à pied est quelque chose d’extrêmement impressionnant. C'est ce que j'ai souhaité mettre en lumière dans ce travail, ce moment où la peine s'efface un peu et laisse une place pour que surgisse autre chose.


Raphaël Lucas

Artiste pluridisciplinaire et transversal, Raphaël Lucas est actuellement artiste en résidence au Centre Culturel de Rencontres de l’Abbaye de Sylvanès, en tant que compositeur.

Formé à la composition musicale aux État-Unis entre 2007 et 2012. Cette expérience le conduit à entreprendre à son retour en France la réalisation de travaux de recherche en photographie documentaire. Il réalise une série photographique Exiles en suivant le quotidien de jeunes exilés afghans dans les rues du Xème arrondissement de Paris en 2013-2014. Puis, dans la continuité des problématiques auxquelles ce premier travail l’a confronté, il s’intéresse à la déconstruction / reconstruction de la représentation de l’identité masculine contemporaine via plusieurs séries : État des corps (2014-2016), présentée en projection au Festival de Photographie de Montmélian en 2016, ECDYSIS (2016) et The Subdued (2013 - présent). Raphaël Lucas est né à Sète, dans l’Hérault, il vit dorénavant à Sauclières.

Il travaille actuellement au développement de plusieurs travaux sur le territoire du Causse du Larzac, en lien avec le paysage et ses habitants. Il présentera 6 portraits de femmes vivant sur le Larzac du 5 au 25 août à Pingpong le Toit à Millau. La série Les Puissantes avait été présentée à Rodez en 2019.

>En savoir plus : www.raphael-lucas.net 

Infos pratiques

Exil 2013-2014

Du jeudi 23 septembre 2021 au dimanche 24 octobre 2021

Gratuit