Le
circuit de découverte
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L'ambition
première du projet du conseil général
de l'Aveyron est de présenter, sous forme de
copies de pierre, sur leurs lieux de découvertes,
ou tout au moins à proximité, les statues-menhirs
conservées dans différents musées
ou chez des particuliers. L'objectif est d'exposer des
copies en plein air et de restituer ainsi la quasi-totalité
de ce patrimoine à sa région d'origine.
Elles sont réalisées dans le même
type de pierre que les originaux mais d'une origine
sensiblement différente pour éviter toute
confusion avec les originaux.
Vous découvrirez l'ampleur du phénomène
des statues-menhirs en parcourant les chemins sinueux
du Rougier de Camarès et des vallées du
Rance, du Dourdou ou du Tarn. Trente deux statues sont
actuellement visibles dont celles de la vallée
du Dourdou, nouvellement implantées, et douze
autres les accompagneront d'ici la fin de l'année.
Vous composerez vos itinéraires au gré
de vos déplacements ou de vos envies. La plupart
des statues sont accessibles en voiture. Trois circuits
pédestres existent actuellement au départ
:
- de Saint-Vincent (commune de Mounès-Prohencoux;
circuit de 4h ou 2h30mn ; 6 statues) ,
- de Pousthomy
(circuit de 1h30mn ; 3 statues) ou
- de Saint-Izaire
(circuit de 2h ; 4 statues).
Partez à la recherche de ces statues-menhirs
figurant des hommes, des femmes ou les deux à
la fois... |
Les statues-menhirs du groupe rouergat
Des
statues-menhirs ont été retrouvées
en différents endroits du monde.
Le groupe rouergat est un des ensembles les plus abondants
et certainement un des plus anciens. Il occupe dans le sud-Aveyron
les bassins du Dourdou et du Rance principalement, dans
le Tarn les Monts de Lacaune et dans l'Hérault le
bassin de l'Agout.
Ces statues sont des menhirs, des pierres dressées,
des "peyras plantadas" en langue d'oc.
A la différence des menhirs, ce sont de véritables
statues aux motifs gravés ou sculptés.
Elles représentent des hommes ou des femmes.
Souvent transformées au cours des temps anciens,
elles apparaissent comme des figurations hybrides. Ces représentations
sont suffisamment réalistes pour reconnaître
les attributs de ces personnages et en même temps
hautement symboliques pour identifier un style, un modèle
reproduit par tous les artisans de l'époque.
Statues féminine et masculine

Lexique :
* Objet : désigne l'attribut que les statues masculines
tiennent entre leurs mains et qui est maintenu par un baudrier.
Il s'agit probablement d'un poignard surmonté d'un
anneau mais comme d'autres interprétations ont été
évoquées, on emploie le terme plus neutre
d'"objet".
* pendeloque en Y : attribut féminin, c'est une parure
de forme rectangulaire suspendue à un lien. Des ornements
de ce type ont été trouvés dans les
sites chalcolithiques des Grands Causses.
Des oeuvres préhistoriques
Qui a fait ces statues ?
On
estime l'âge de ces statues à 3500-2500 ans
avant JC. Ce millénaire correspond à la fin
du Néolithique (premières sociétés
agro-pastorales) et à l'épanouissement du
Chalcolithique, époque où l'on découvre
l'exploitation du minerai de cuivre et sa métallurgie.
Ces statues ne sont pas précisément datables
car elles ont toujours été retrouvées
hors de tout contexte archéologique. Les hypothèses
viennent de comparaisons avec les objets*, pendeloques et
autres attributs retrouvés lors de fouilles dans
les sites ou dans les dolmens de cette époque.
Entre hommes et divinités...
Que représentent-elles ?
Le
mystère qui entoure ces statues vient du fait que
nous ne savons pas répondre à cette question.
On a vu dans ces figurations des dieux, des personnages
héroïsés, des ancêtres statufiés...
L'énigme n'est toujours pas résolue.
Chose certaine, elles ont marqué l'espace, un certain
territoire, et contribué à son appropriation
par les sociétés agro-pastorales, métallurgistes,
du sud-Aveyron et des contrées limitrophes.
Renseignements : Musée du Rouergue - Tél.
: 05 65 73 80 76